le meilleur du low-cost vous propose régulièrement des explications de prix concernant le “yield management”. Hier soir, l’émission “Capital” proposait un reportage intéressant sur la fixation des prix du TGV. Au-delà des musiques de film dramatiques et des effets d’images qui accompagnaient le reportage, nous avons pu découvrir le système de yield management de la SNCF.
- le reportage semblait une nouvelle fois de plus revenir sur la “terrible” gamme de prix de la SNCF. Elle est pourtant simple: des tarifs Prem’s pour un achat à l’avance ou un TGV moins rempli, des tarifs “Loisirs” plus chers et des tarifs “Pro”. Toutefois, le reportage annonçait que sur un Paris-Marseille, seuls 10% des prix étaient des Prem’s à 40€. Or, il est possible de trouver des Prem’s Paris-Marseille à 22 euros sur ce trajet, mais aussi 25 euros, 35 euros ou encore 55 euros pour de la 1ère classe. La preuve par l’image avec le calendrier Prem’s pour le mois d’avril 2010.
- le reportage dramatisait la situation en diabolisant le yield management. Il montrait ainsi une ingénieur de la SNCF qui faisait varier le prix des billets et ajoutait ou enlevait des Prem’s en fonction de la demande. On se demande parfois si Capital vient de débarquer dans notre monde. En effet, la SNCF a ses pratiques depuis quelques années déjà… mais surtout elle est en concurrence directe avec Air France, easyJet ou Ryanair, qui toutes trois ont un système de yield management depuis le départ. Vous savez tous que vous ne paierez pas votre Paris-Nice au même prix selon que vous devez voyager un samedi ou un mercredi. Le “yield management” s’oppose en effet à une gestion “publique” des tarifs qui viserait à remettre des prix au kilomètres: c’est un choix qui a été fait par la SNCF, qui est une entreprise publique, mais une “entreprise commerciale” comme l’a rappelé son Président Guillaume Pepy hier soir.
- Le reportage se focalisait aussi sur la perversité de l’ajout de Prem’s lorsqu’un TGV est moins rempli, et de la contradiction manifeste de cette action avec le “réservez tôt, payez moins cher” que clame le site de Voyages-SNCF.com. Toutefois, dans la majeure partie des cas, nous avons toujours constaté que cette règle est vraie. Il est toujours plus intéressant de pouvoir connaître ses dates de voyages à l’avance pour le TGV, pour l’avion et même pour l’hébergement. C’est la manière dont nous fonctionnons pour réservez nos billets iDTGV toujours à 19 euros en seconde classe, puisque nous les réservons le jour de l’ouverture des ventes.
- Seule chose perverse soulignée par le reportage, le surbooking. La rédaction du meilleur du low-cost déteste le surbooking, sauf quand il tourne à l’avantage du consommateur. Cela nous est arrivé notamment sur Lufthansa, sur Continental ou sur Delta Airlines; mais en contrepartie ces trois compagnies nous ont proposé de l’argent en bons voyages de 400 à 600 dollars. La SNCF vend des billets à la dernière minute en “surbooking” (sur-réservation pour les puristes), au plein tarif et propose un strapontin aux pauvres clients qui ont eu la malchance d’acheter ce billet (mais la SNCF vend du transport).
- Enfin, le reportage montrait une mère de famille qui avait payé 280 euros ses trois billets en Première classe pour un voyage en 1ère classe un vendredi soir. Ce que le reportage ne disait pas, c’est que cette mère de famille aurait pu 1. réserver un peu plus tôt et payer jusqu’à 3 fois moins cher 2. que l’avion “moins cher” suppose notamment de se rendre à Roissy ou à Orly tandis que la Gare de Lyon se situe en plein Paris. 3. ou tout simplement partir plus tôt un vendredi
Le reportage s’est aussi intéressé au site internet www.zepass.com concurrent de www.trocdestrains.com ou de www.kelbillet.com , trois sites qui proposent la revente de billet sur Internet et que nous avons testé sans jamais avoir eu de problème. Rappelons que la vente de billet est illégale selon la SNCF, mais tolérée (voir notre article sur ce sujet). Ces trois sites ont cependant un avenir très incertain: la SNCF planche en effet sur des billets nominatifs avec un contrôle systématique à l’entrée (comme c’est déjà le cas sur iDTGV mais avec un contrôle d’identité très rare) ou des billets dématérialisés avec code-barres.
La concurrence annoncée dans le reportage est encore incertaine puisque Trenitalia qui devait se lancer sur les rails français au mois de décembre 2009 a repoussé à juin 2010 l’échéance et n’a toujours dévoilé aucun plan pour le moment alors que les ventes iDTGV sont déjà ouvertes pour cette période et que la SNCF commencera à vendre ses billets pour le mois de juin au mois de mars 2010 (trois mois à l’avance).
Monsieur le réalisateur du reportage de Capital,
Pour la moyenne des prix à 40 euros ok… on peut considérer que 10% des places du train à 22,25,35,40 et 55 euros ça fait une moyenne de 40.
Concernant les différences de prix dans le même train, le même jour, nous avons trouvé que la situation était dramatisée: sur un vol easyJet Paris-Nice, la gamme de prix est la même que sur un TGV du même itinéraire. Le prix de départ est de 31,99 euros, mais dans mon avion, certaines personnes auront payé l’aller-simple 249,99€. C’est le principe même du yield management MAIS le yield management peut aussi induire une gamme de prix plus étroite (Air France).
La Maman qui voyageait un vendredi soir avait réservé 2 semaines à l’avance: trop tard. Pour payer nos billets 19 euros, nous les réservons 4 à 6 mois à l’avance, dès l’ouverture des iDTGV ou 90 jours à l’avance pour trouver des Prem’s.
En ce qui concerne la revente de billets, nous devons avoir des sources divergentes: un siège de dernière minute revendu à un prix Prem’s = un siège à plein tarif non vendu par la SNCF.
Avec l’arrivée de la concurrence, la dématérialisation des billets, et le renforcement des contrôles de sécurité, on pourrait assister à un embarquement “comme sur les compagnies aériennes”, ce qui est d’ailleurs le cas avec iDTGV… où les voyageurs sont tenus de présenter un billet NOMINATIF avec leur DATE de naissance, ainsi que dans quelques cas, leur carte d’identité. Même chose pour les billets Prem’s IMPRIMES, qui exigent un NOM, un PRENOM et une DATE de naissance, ceux-ci étant présentés à l’intérieur du train avec une carte d’identité obligatoire.
Nos sources sont divergentes et nous n’affirmons pas avoir 100% raison sur ce point. Cependant, la revente de billet à prix Prem’s en dernière minute, ferait baisser le prix moyen payé par visiteur…. et ce n’est pas ce que souhaite la SNCF. Si elle baisse ses prix à l’avenir, ce ne sera pas pour cette raison.
En dépit de toutes ces remarques, nous nous félicitons que le magazine Capital se soit intéressé au système de prix de la SNCF, chose souvent décrite comme mystérieuse et laissant place à de nombreuses suppositions.


Bonne analyse.
Ceci dit, je ne trouve pas le surbooking du train pervers : contrairement aux compagnies aériennes, la SNCF ne vend pas plus de places qu’il en existe, elle vend juste les strapontins. Certes, c’est moins confortable qu’une place normale, mais quand on a un billet en surbooking, on le sait parce que c’est écrit sur le billet, et on est sûr à 100% de pouvoir voyager. Alors qu’avec l’avion, c’est la surprise à l’arrivée à l’aéroport.
Je trouve ça beaucoup plus malhonnête de vendre une place qui n’existe pas et d’acheter le silence des clients pour 400€ que de vendre des places peu confortables en toute transparence.
Bonjour,
Je suis le journaliste qui a réalisé le reportage que vous citez et je voudrai vous répondre sur quelques points ou vous allez me semble t il un peu vite dans votre critique:
- Vous dites: a à l’avance ou un TGV moins rempli, des tarifs “Loisirs” plus chers et des tarifs “Pro”. Toutefois, le reportage annonçait que sur un Paris-Marseille, seuls 10% des prix étaient des Prem’s à 40€.” C’était un exemple et une moyenne présentant comme tel.
- Vous dites: “le reportage dramatisait la situation en diabolisant le yield management. Il montrait ainsi une ingénieur de la SNCF qui faisait varier le prix des billets et ajoutait ou enlevait des Prem’s en fonction de la demande. On se demande parfois si Capital vient de débarquer dans notre monde. En effet, la SNCF a ses pratiques depuis quelques années déjà… mais surtout elle est en concurrence directe avec Air France, easyJet ou Ryanair, qui toutes trois ont un système de yield management depuis le départ. Vous savez tous que vous ne paierez pas votre Paris-Nice au même prix selon que vous devez voyager un samedi ou un mercredi.” : Les diffèrences de prix dont nous parlons sont pour le même jour, pas sur deux trains diffèrents
- Vous dites: “Enfin, le reportage montrait une mère de famille qui avait payé 280 euros ses trois billets en Première classe pour un voyage en 1ère classe un vendredi soir. Ce que le reportage ne disait pas, c’est que cette mère de famille aurait pu 1. réserver un peu plus tôt et payer jusqu’à 3 fois moins cher 2. que l’avion “moins cher” suppose notamment de se rendre à Roissy ou à Orly tandis que la Gare de Lyon se situe en plein Paris. 3. ou tout simplement partir plus tôt un vendredi” . Si vous aviez bien écouté, vous auriez entendu que cette mère de famille a réservé 15 jours à l’avance dans ce TGV (ce qui pour un train est pas mal). Et nous précisons aussi à propos de l’avion qu’il faut ajouter le cout du taxi.
- Vous dites “Le reportage s’est aussi intéressé au site internet http://www.zepass.com concurrent de http://www.trocdestrains.com ou de http://www.kelbillet.com , trois sites qui proposent la revente de billet sur Internet et que nous avons testé sans jamais avoir eu de problème. Rappelons que la vente de billet est illégale selon la SNCF, mais tolérée (voir notre article sur ce sujet). Ces trois sites ont cependant un avenir très incertain: la SNCF planche en effet sur des billets nominatifs avec un contrôle systématique à l’entrée (comme c’est déjà le cas sur iDTGV mais avec un contrôle d’identité très rare) ou des billets dématérialisés avec code-barres.”
Ce que vous dites est faux, la SNCF ne planche pas la dessus, elle tolère le sites comme Zepass et elle est même en discussion pour un partenariat avec eux. De plus, la revente de billet n’est pas illégale si le billet est vendu moins chez que ce qu’il a été acheté.
Merci, bien cordialeme,,t.
Merci pour cet éclaircissement très intéressant.
J’ai regardé attentivement l’émission dans son intégralité. J’ai été très étonnée du traitement de l’information dans sa globalité. Je m’explique: Le documentaire explique que les clients sont perdus face au manque de clarté des tarifs de la SNCF, le nombre de prix qui existent sur un même trajet… Ok! Puis, Mr OPODO explique que pour trouver de bonnes affaires, quand on s’y prend très tôt, on peut avoir des tarifs très compétitifs. Et qu’en dernière minute également, les prix peuvent à nouveau baisser si les tours opérateurs remettent à dispositions des nuitées. Mais qu’il existe une période où le consommateur ne fera pas d’affaire: entre le 1er et le 15/08… Le client OPODO est donc futé, sait qu’il faut s’y prendre tôt, ou hors saison, ou en dernière minute. Le client à la SNCF lui, est perdu par une entreprise qui lui propose des tarifs intéressants en s’y prenant tôt, ou en dernière minute, ne comprend pas pourquoi il ne ferait pas d’affaire en achetant 15 jours avant un billet pour une période de pointe… Bref, 2 façons de présenter à peu près le même principe de Yield. Mais on aime tellement s’en prendre à la SNCF!
Quand au surbooking: une compagnie aérienne ne précise pas au client qu’il achète un billet alors qu’il NE POURRA MONTER dans l’avion voulu. A la SNCF, les agents du guichet signalent que c’est une surrérvation, sur Internet également… libre au client de prendre un autre train.